Portrait de Marie-Thérèse Esneault, Paris, novembre 2010

Marie-Thérèse Esneault :

« Tu sens comme sent bon la vie ?! »

(article rédigé par Caroline Reverdy en novembre 2010)

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Marie-Thérèse Esneault hume une odeur issue de son coffret en bois de flacons d’odeurs

 Des odeurs derrière les barreaux 

Marie-Thérèse Esneault qui intervient en prison avec des odeurs ? C’est ma grand-mère qui m’a parlé d’elle pour la première fois suite à une émission à la télévision sur France 2 (voir

http://www.lejourduseigneur.com/Programmation/France-2/Passeurs-de-sens-Un-itineraire-une-presence).

Puis c’est lors d’une conférence sur le parfum à Lyon en mai 2010, que j’assistais à sa conférence. Finalement, par les hasards de la vie et des rencontres, je vais chez elle un jour ensoleillé de début novembre 2010.  Lorsque j’entre dans son studio de Créteil, c’est sans surprise que je découvre la décoration. En effet, elle est du même style que « sa » cellule que j’avais imaginé suite à la description faite par Michel Gaulier son patient et co-auteur de l’ouvrage ‘Odeurs prisonnières’.

Echange verbal et odorant 

Marie-Thérèse m’écoute et me fait part de son expérience avec les odeurs. Je saisis rapidement que les odeurs ne sont qu’un outil et que la clé de son travail se trouve dans la chaleur, la patience et l’écoute du thérapeute. Marie-Thérèse me fait humer quelques-unes de ces odeurs issues de flacons magnifiquement emballés dans de belles boites en bois. C’est important que ce soit beau aussi me confie-t-elle… 

Le mot de la fin 

Après cet échange, Marie-Thérèse me raccompagne au métro en longeant le lac avec les belles couleurs d’automne. Elle me laisse un petit mot dans un mail qui sera le mot de la fin :  « Tu sens comme sent bon la vie ?! »

Plus qu’une leçon d’odeur, c’est une leçon de vie et d’humanité que nous transmet Marie-Thérèse.

Pour en savoir plus… 

Je vous recommande ses livres, voir dans l’onglet ‘Lecture’ de ce blog.

 

Lecture : « Les murs et les rues ont des oreilles » de Marie-Thérèse Esneault, Editions Quintessence, 2008

Les murs et les rues ont des oreilles de Marie-Thérèse Esneault, 2008, Editions Quintessencemurs_rues

Ce livre retrace le parcours de Marie-Thérèse Esneault, d’abord professeur de musique, puis musicothérapeute et aromacologue, nous faisant entrer dans un univers violent et fragile : celui du monde de la rue et du milieu carcéral. Pour cela, elle a utilisé de nombreuses médiations : la musique, les odeurs, le corps, l’art. Les nombreux témoignages qui jalonnent ce livre sont la preuve que ces personnes en marge peuvent avoir accès à des soins psychiques. Cela oblige le thérapeute à se déplacer, persuadé que son patient lui indique le chemin. De vraies questions pour notre société qui délaisse ses malades mentaux, traînant dans la rue et se retrouvant très souvent en prison à cause de passages à l’acte. La prison et la rue seraient-elles la seule issue possible à cause de nos peurs ? Ne préfère-t-on pas les cacher et les enfermer ? Les lecteurs ne sortiront pas indemnes de cette lecture, et un autre regard permettra d’ouvrir les portes de l’intériorité !

Lecture : « Odeurs prisonnières » de Michel Gaulier et Marie-Thérèse Esneault, Editions Quintessence, 2002

Odeurs prisonnières de Michel Gaulier et Marie-Thérèse Esneault, 2002, Editions Quintessence

odeurs_prisonnieresLa thérapie par les odeurs, c’est ce qu’expérimente Marie-Thérèse Esneault qui découvrit complètement par hasard l’importance des odeurs, dans la reconstruction psychologique, mais aussi physique, des personnes incarcérées. Elle fut très touchée par la demande toute simple de ses patients détenus de vouloir respirer des odeurs. Ce fut notamment le cas de Michel Gaulier, hospitalisé pour dialyse. Grâce à des odeurs contenues dans de petits flacons, celui-ci est parvenu à redécouvrir des sensations et des émotions complètement oubliées.