Portraits de Marie-Anouch Sarkissian et Yun Qiu Wu, Genève, juillet 2014

Marie-Anouch Sarkissian

« L’art d’accorder musique et parfum »

(article rédigé par Caroline Reverdy en juillet 2014)

Marie-Anouch Sarkissian répéte avant la soirée musicale et parfumée

 Quelques heures avant le début de la soirée « Musique & Parfum » à Vernier-Genève (voir page accueil d’Odoratnews), Marie-Anouch Sarkissian m’a fait l’amitié d’un entretien.

Quel plaisir que de parler parfum avec cet érudit de musique !

En effet, Marie-Anouch Sarkissian est pianiste (interprète, professeur et compositeur) avec un solide bagage musical validé par un master de musique et musicologie à Paris-Sorbonne en 2007.

De plus, elle fait preuve d’une grande sensibilité qui lui permet de vivre des expériences de synesthésie (phénomène perceptif intuitif qui allie plusieurs sens).

Si certains musiciens allient intuitivement couleur et musique, Marie-Anouch Sarkissian y ajoute aussi l’odeur. De cette expérience intrigante, elle en fait son sujet d’exploration.

C’est ainsi que depuis 2005, elle s’intéresse au monde des odeurs, participe aux séances de l’Osmothéque (conservatoire des parfums à l’Isipca à Versailles) et rencontre de grands parfumeurs. En 2008, elle suit un stage de composition en parfum de l’ISIPCA à Versailles (Institut Supérieur International de la Parfumerie, la Cosmétique et l’Aromatique alimentaire).

De cet intérêt pour les parfums naitra d’abord une série de conférences et un travail de recherche alors que Marie-Anouch Sarkissian est chercheur associée au laboratoire de l’Observatoire Musical Français de Paris-Sorbonne sous la direction des professeurs Danièle Pistone et Michèle Barbe de 2009 à 2011.

En parallèle, les collaborations avec des parfumeurs de renom (Yves Tanguy, Dominique Ropion, Guillaume Flavigny, …) se multiplient et permettent à Marie-Anouch Sarkissian l’exploration de ce thème passionnant d’accorder musique et parfum. Le parfumeur ne compose-t-il pas depuis son orgue à parfum ?!

De ces rencontres, il s’agit avant tout de dialogues entre deux compositeurs : compositeur de parfum et compositeur de musique. C’est un échange entre deux artistes, entre deux processus créatifs. A partir de là peut naître une musique et un parfum ajustés sur-mesure l’un à l’autre.

C’est riche de toutes ces expériences et réflexions qu’elle nous a offert un spectacle de grande qualité où tantôt la musique était inspirée du parfum et tantôt c’est le parfum qui était inspiré de la musique. Cette soirée du 4 juillet 2014 était sous la présidence du parfumeur-créateur Jacques Masraff (avec qui elle collabore sur Genève) et le parrainage de Guillaume Flavigny. Elle était mise en musique par Marie-Anouch Sarkissian et Yun Qiu Wu. Deux pianistes talentueuses qui ont mené ensemble un travail de réflexion sur l’accord de la musique et du parfum, éclairant aussi leurs propos de connaissances scientifiques, telles que la théorie de Luca Turin et les neurosciences par exemple.

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La pianiste Yun Qiu WU

En tant qu’auditrice, j’ai eu la très grande joie de sentir des parfums et de ressentir des émotions musicales nouvelles et passionnantes… Quel bel accord, bravo !

Pour en savoir plus : Arts d’Essence (Etoy, CH) www.artsdessence.ch

A venir : un article scientifique sur le concept Interface Parfum-Musique® développé par Marie-Anouch Sarkissian paraîtra à l’automne 2014

Portrait de Marie-Thérèse Esneault, Paris, novembre 2010

Marie-Thérèse Esneault :

« Tu sens comme sent bon la vie ?! »

(article rédigé par Caroline Reverdy en novembre 2010)

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Marie-Thérèse Esneault hume une odeur issue de son coffret en bois de flacons d’odeurs

 Des odeurs derrière les barreaux 

Marie-Thérèse Esneault qui intervient en prison avec des odeurs ? C’est ma grand-mère qui m’a parlé d’elle pour la première fois suite à une émission à la télévision sur France 2 (voir

http://www.lejourduseigneur.com/Programmation/France-2/Passeurs-de-sens-Un-itineraire-une-presence).

Puis c’est lors d’une conférence sur le parfum à Lyon en mai 2010, que j’assistais à sa conférence. Finalement, par les hasards de la vie et des rencontres, je vais chez elle un jour ensoleillé de début novembre 2010.  Lorsque j’entre dans son studio de Créteil, c’est sans surprise que je découvre la décoration. En effet, elle est du même style que « sa » cellule que j’avais imaginé suite à la description faite par Michel Gaulier son patient et co-auteur de l’ouvrage ‘Odeurs prisonnières’.

Echange verbal et odorant 

Marie-Thérèse m’écoute et me fait part de son expérience avec les odeurs. Je saisis rapidement que les odeurs ne sont qu’un outil et que la clé de son travail se trouve dans la chaleur, la patience et l’écoute du thérapeute. Marie-Thérèse me fait humer quelques-unes de ces odeurs issues de flacons magnifiquement emballés dans de belles boites en bois. C’est important que ce soit beau aussi me confie-t-elle… 

Le mot de la fin 

Après cet échange, Marie-Thérèse me raccompagne au métro en longeant le lac avec les belles couleurs d’automne. Elle me laisse un petit mot dans un mail qui sera le mot de la fin :  « Tu sens comme sent bon la vie ?! »

Plus qu’une leçon d’odeur, c’est une leçon de vie et d’humanité que nous transmet Marie-Thérèse.

Pour en savoir plus… 

Je vous recommande ses livres, voir dans l’onglet ‘Lecture’ de ce blog.